Nano neurone artificiel (rediffusion)

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Nano neurone artificiel (rediffusion)
  • Language: fra
  • Published: 17 Mar 2018
  • Duration: 02:09

Pour la première fois, des chercheurs français ont développé un nano-neurone électronique fonctionnant de la même façon que nos cellules grises biologiques. L’objectif des scientifiques est de créer des puces « neuromorphiques » qui doteront les ordinateurs d’une réelle intelligence artificielle capable de rivaliser avec les performances du cerveau humain.
Les chercheurs en informatique expérimentent depuis longtemps des puces imitant le fonctionnant du cerveau humain, elles permettraient aux ordinateurs d'apprendre, de faire des hypothèses, et d’en tirer des conclusions. Rappelons qu’il existe déjà des systèmes informatiques en réseau qui reproduisent le comportement de nos cellules nerveuses avec l’aide de programmes qui recoupent et croisent des montagnes de données.
Certains de ces dispositifs auto-apprenants parviennent à reconnaître des formes et les détails d’un visage ou traduisent en texte la voix d’un discours, par exemple. Mais les performances actuelles des transistors à base de silicium, ne nous permettent pas, pour l’instant, de créer une véritable intelligence artificielle. Plus leurs analyses deviennent profondes, plus ces dispositifs consomment une énergie colossale pour vainement s’approcher du fonctionnement basique d’un cerveau humain. « Nous sommes arrivés aux limites physiques de la miniaturisation des composants électroniques traditionnels », expliquent les chercheurs de l'Unité Mixte de Physique CNRS-Thales et du Centre de nanosciences et de nanotechnologies de l’Université Paris Sud.
Ces scientifiques, en collaboration avec des chercheurs américains et japonais, viennent de développer le premier « nano-neurone » artificiel capable de reconnaître des chiffres de 0 à 9 prononcés de façon aléatoire par différentes personnes. Et c’est un exploit ! Le taux de réussite est de 99,6%, révèlent les scientifiques.
Leur petite cellule nerveuse artificielle se comporte comme une nano-boussole réagissant aux fluctuations d’un oscillateur magnétique. Chaque variation du champ magnétique engendre une émission électrique dans le système, imitant en quelque sorte les impulsions électriques que produisent les neurones biologiques.
L’objectif des chercheurs est maintenant de réaliser des puces qui intégreront ces nano-neurones magnétiques. Miniatures et intelligentes, elles consommeront très peu d’électricité, elles pourront apprendre et s’adapter en temps réel aux situations et aux informations mouvantes de leur environnement. Des assistants parfaits qui dirigeront intelligemment nos robots ou nos véhicules autonomes.
Les chercheurs espèrent aussi créer le premier ordinateur « neuromorphique », des machines qui penseront « à notre place ». Seront-elles alors conscientes de leur propre intelligence artificielle ? Telle est question ! À laquelle aucun neuroscientifique n’est aujourd’hui capable de répondre.
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