Des nanoparticules tueuses de virus

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Des nanoparticules tueuses de virus
  • Language: fra
  • Published: 13 Jan 2018
  • Duration: 02:09

Une équipe de chercheurs européens a développé des nanoparticules d’or dont la propriété est d’attirer les virus pour mieux les détruire. Leur action à large spectre qui est de nature purement mécanique est efficace sur de nombreux agents pathogènes. Et contrairement aux effets nuisibles des antiviraux actuels, ce nouveau type de traitement se révèlerait être non toxique pour l’environnement cellulaire humain.
La baisse des températures saisonnières n’est en rien la cause directe de nos rhumes, grippe, ou autres bronchioles. Les grands responsables de nos états souffreteux sont les microbes. Pour traiter une infection d’origine bactérienne, c’est presque simple : nous avons recours aux antibiotiques.
Malheureusement ces remèdes n’ont aucun effet contre les virus dont le nom, par ailleurs, signifie poison en latin. Un patronyme qui leur va comme un gant, puisqu’à part posséder un système immunitaire en béton ou se faire vacciner contre ces envahisseurs invisibles, il n’existe toujours pas de traitement agissant à la manière des antibactériens à large spectre pour les éradiquer.
De l'or contre les virus
Seuls quelques médicaments spécifiques à certain type de virus parviennent toutefois par action chimique à contenir leur développement dans l’organisme. Mais une vingtaine de chercheurs internationaux, spécialistes en virologie et nanomatériaux au sein du laboratoire des nanomatériaux supramoléculaires et interfaces en Suisse, ont expérimenté une nouvelle méthode pour combattre tous les types de virus.
Ils ont créé des nanoparticules d’or, une matière peu ou pas toxique pour le corps humain, imitant les récepteurs des cellules humaines sur lesquels les virus s’accrochent avant de les pénétrer pour se reproduire et se multiplier. Le diamètre de ce leurre microscopique est un million de fois plus petit qu’un millimètre. L’union, entre les particules d’or et les microbes, sera fatale. Le mécanisme d’attachement du virus tentera en vain d’infiltrer ces imitations de cellules. La pression exercée par le microorganisme finira par le déformer et briser sa structure, le rendant ainsi inoffensif. Les chercheurs ont publié des résultats de tests très encourageants dans la revue Nature Materials.
Essais cliniques à venir
Leur méthode in vitro est efficace sur des tissus infectés par le virus de l’herpès, le papillomavirus, la dengue et le sinistre VIH, Virus de l’Immunodéficience Humaine. In vivo, ils ont guéri des souris contaminées par le virus VRS, responsable d’infection respiratoire aigüe. Rappelons que le VIH, la dengue, le papillomavirus, l’herpès ou encore Ebola tuent des millions de personnes chaque année dans le monde et en particulier dans les pays émergents.
« Notre approche détruit le virus de manière irréversible mais sans abîmer les cellules humaines » précisent les chercheurs qui poursuivent leurs travaux assidument pour passer rapidement du modèle animal aux essais cliniques sur l’homme.
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